07.09.2011

Délocalisation

Pourquoi la multi délocalise-t-elle ? Pour asseoir et exercer sa pleine liberté et son dédain des frontières. C’est sa grande force et rien ne la libérera de cette tentation. En changeant brusquement de place un de ses sites de production, elle va chercher des économies, ou un Etat moins coercitif, ou un milieu social plus docile, ou d’autres avantages. Elle est toutefois très sensible aux réactions courroucées des régions qu’elle quitte, surtout si ces manifestations impactent une part non négligeable de sa clientèle. D’autres stratégies peuvent alors s’appliquer pour limiter les dégâts sur l’image. Par exemple, on peut vendre le site devenu indésirable à un investisseur privé, et lui laisser la besogne qui fâche après une tentative plus ou moins sérieuse de viabiliser le site. Le MBO (management buy-out) est aussi un bon plan, car il donne l’occasion à la multi de faire publiquement un noble geste d’aide au démarrage, et si après deux ou trois ans le frêle esquif sombre corps et bien, la multi est partie depuis longtemps et son image ne peut plus être sévèrement atteinte par les lamentations des victimes.

Seule exception : un siège ne se délocalise pas, sauf événements extrêmement graves, car il véhicule trop d’éléments liés aux valeurs.

23.08.2011

Berceau

La région où se trouve le siège, autrement dit le berceau de la multi, contribue à forger sa culture, elle fait partie de son code génétique de multi. C’est pour cela que la multi ne doit pas en changer. Autour de ce berceau, elle jouit d’une image très forte, au point que bien souvent la population de toute la région s’identifie à elle davantage que les associates ailleurs dans le monde. Avoir un enfant qui entre dans la multi locale, c’est une incommensurable fierté pour les familles. Le degré de fidélité est également très élevé, et un engagement mutuel tacite fait que la multi et ses employés du lieu restent en contrat pour toute une vie. La notion de licenciement est absente de leur code lexical.